ELECTIONS REGIONALESLe piège fascisteLe 13 juin, les électeurs traceront en masse des croix gammées sur leur bulletin de vote, au profit des fascistes du Vlaams Blok et du Front national. Zoom sur trois points. Le Vlaams Blok, deuxième parti de Flandre avec 22% d'intentions de vote, prend de nombreuses voix aux libéraux du VLD. Des élus VLD ont tenu des propos radicaux sur le droit de vote des étrangers non européens aux élections communales. Mais les électeurs ont préféré l'original à la copie… Preuve qu'on ne résorbe pas l'extrême droite en chassant sur ses terres. Preuve de l'inconséquence des libéraux : agiter la question du vote des étrangers tout en sachant que le texte de loi serait approuvé par une large majorité parlementaire, c'est séduire l'électeur du Blok sans le satisfaire. Frustration, réaction, nazification. Si le Vlaams Blok recueille la majorité des sièges au sein du groupe linguistique flamand au parlement bruxellois, il bloque de fait les institutions régionales car les partis démocratiques se sont jurés de ne jamais gouverner avec lui. Situation improbable cependant : ces partis ne géreront pas indéfiniment les affaires courantes, que la tentation du pouvoir soit trop forte ou qu'il faille empêcher le Blok d'endosser le rôle de la victime. Dans ces deux cas, la cogestion avec les fascistes aura lieu... et les travailleurs devront la dénoncer. Chômage. Le parti socialiste flamand (SP.A) -avec l'aval des socialistes francophones et avec les applaudissements des libéraux- renforce les contrôles humiliants des demandeurs d'emploi. Après 18 mois de chômdu, il faut désormais prouver sa recherche " active " d'un boulot, sous peine d'être privé du droit à une allocation de chômage. Parallèlement, le ministre libéral des Finances, Didier Reynders, encourage l'amnistie fiscale pour les grosses fortunes planquées à l'étranger… Deux poids, deux mesures. Syndicat. Le SP.A a recruté la présidente de la FGTB, Mia De Vits, pour mener sa liste aux élections européennes. A la veille des élections sociales, il déstabilise ainsi un syndicat frère, un syndicat qui a notamment toujours refusé la scission des soins de santé sur base régionale… et donc linguistique. Le départ de Mia De Vits éclaire aussi une certaine docilité du syndicat : depuis les élections de mai 2003, la FGTB, minoritaire en Flandre, dispose à travers le SP.A d'un relais politique au sein du gouvernement... Ce parti attend donc logiquement qu'on le ménage… Libéraux et socialistes crient au fascisme, au feu après avoir joué avec les allumettes. Leur solution consiste à voter pour eux. Or le problème est plus profond. Et voter pour eux, c'est opter pour la déconstruction de nos acquis sociaux. Quand on sait que la misère engraisse le racisme, le jeu des élections prend des allures de cercle vicieux. Les travailleurs n'ont rien à attendre des partis. Lors des élections, ils choisiront, au pire, qui leur donnera des coups de crosse ; au mieux, ils désigneront l'adversaire le plus facile pour négocier. C'est au quotidien, dans nos boulots, dans nos loisirs et non pas dans l'urne, que se construit l'égalité sociale et économique. Union, action, autogestion !
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