Majorité et minoritéOn nous oppose que toute collectivité est susceptible de se diviser en majorité et en minorité, et qu'en de nombreux cas l'organisation fera en sorte que la minorité doive se soumettre à la majorité. Au contraire, nous n'admettons pas de domination de ce genre, et pour cela nous ne donnons ni à la majorité, ni à la minorité le droit ni les moyens de pouvoir s'imposer. Certainement, une division d'avis et d'opinions peut surgir. Si la discorde naît sur les idées et la tactique fondamentale, il est nécessaire que les deux parties se séparent, puisqu'elles constituent maintenant deux partis distincts. Ainsi nous, anarchistes, quand la différence est apparue irrémédiable et trop grande, nous nous sommes divisés au sein de l'Internationale des socialistes autoritaires. Au contraire, s'il y a des divisions sur des questions de peu d'importance, qui n'intéressent pas le mouvement et les idées générales, chacun pense et agit hors de l'organisation à sa façon, sans faire obstacle au travail commun de l'organisation elle-même. Mais si c'est au sein-même de l'organisation que le désaccord apparaît, que la division en majorité et en minorité survient pour des questions secondaires, sur des modalités pratiques, sur des cas spéciaux, alors on ne pourra crier à l'incohérence de l'une ou de l'autre ; plus facilement la minorité se plie à faire comme veut la mojorité. Et comme cette condescendance ne peut être que volontaire, tout caractère d'autorité et de coercition est absent. Si le parti veut faire un congrès et que tous soient unanimes pour vouloir se retrouver ensemble entre anarchistes du monde entier, qu'il y ait seulement différence sur le lieu où se rassembler, les uns proposant Rome et les autres Paris -, il faudra bien que ou les uns ou les autres cèdent. Et naturellement ils cèderont, si est fort en eux le besoin et le désir de se rassembler ; comme il est naturel que ce soit d'abord les moins nombreux qui cèdent, puisque même ceux-là seront de l'opinion qu'il est préférable pour l'économie générale des forces, que ce soit une minorité plutôt qu'une majorité à supporter un inconvénient donné. |
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