Jeunes policiers et soldats

Une grande partie des militaires sont collégiens et effectuent leur service militaire. Triste combat fratricide. La majorité des militaires ne comprend pas ce qui se passe : ils obéissent aux ordres et, surtout, défendent leur vie. Au nom de quoi ? Au nom d'une patrie en lambeaux, vendue.
Les combats s'intensifient entre les deux bandes armées. Des civils appuient les policiers et mettent le feu à divers endroits afin de dissiper les gaz. Certains sont blessés, d'autres tués. Ce sont les policiers qui souffrent le plus de pertes, les ambulances tentent de se frayer un chemin au sein de la foule, les francs-tireurs font des ravages, une vendeuse de boisson tente de distribuer de l'eau aux policiers, les journalistes risquent leur vie.

À 16 h 20, on compte déjà 8 morts, en majorité des policiers. Et le président Goni, blême, prononce un discours d'une voix d'automate : « Je suis très attristé de voir comment s'affrontent les frères boliviens membres des institutions fondamentales de notre histoire et de notre République. Ce n'est plus possible, cela doit cesser. C'est pour cela que j'ai pris la décision de retirer le projet de budget 2003 que j'ai envoyé au Congrès pour son approbation, que Dieu sauve la Bolivie. » Si l'« Impuestazo » est mis en déroute et que l'on se réjouit de l'échec du néolibéralisme, le Président et le néolibéralisme sont toujours au pouvoir.

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