Le Sang bolivien en ébullition

La crise sociale accentuée depuis janvier 2003, s'étend à l'ensemble de la Bolivie. Malgré la violente répression, le peuple détruit les symboles de l'État et se réapproprie des richesses.

Mardi 18 février, à la suite d'affrontements violents, le gouvernement bolivien a présenté sa démission en bloc afin « d'aider le président Gonzalo Sanchez de Lozada à mettre en œuvre une politique d'austérité plus mesurée», annonçait Libé, en brève. Sur place, la situation s'apparente à une révolution : incendie des symboles de l'État, destruction du cadastre, renvoi des députés et soutien au principal syndicat.

Depuis 4 mois, Gonzalo Sanchez de Lozada est le président de la République bolivienne. Ce grand défenseur du néolibéralisme, à l'accent américain, personnalise la vente des entreprises nationales et la faillite de l'économie bolivienne. Déjà instigateur de la « loi des hydrocarbures » qui octroie à un prix dérisoire les réserves naturelles du sous-sol bolivien récemment découvertes, le Président « Goni » poursuit sa politique néolibérale : vente du gaz aux États-Unis, fortes répressions des dernières protestations de janvier menées par les cultivateurs de la feuille de coca (cocaleros), maîtres d'école, pensionnés, etc. avec plus de 15 morts. Enfin, suite à une visite de représentants du Fond monétaire international (FMI), Goni a imposé une des restrictions les plus impopulaires : l'« impuestazo », soit un impôt universel de deux fois le salaire minimum, soit 440 bolivianos (1 US$ vaut 7,56 Bs).

Le gouvernement a l'habitude de voir les partis politiques d'opposition et leurs leaders courber l'échine lorsque les conflits deviennent décisifs. Ce principe d'autorité préconisé par le ministre de gouvernement Sanchez Berzaïn a fonctionné jusqu'il y a peu. Mais aujourd'hui, loin des négociations des leaders d'opposition et loin des divergences politiques, l'ensemble d'un peuple se soulève et exprime son malaise et sa rage.

Le sang bolivien en ébullition Suivant