Agir en libertaires

Les libertaires défendent et défendront toujours la liberté, de déplacement, de pensée, d'invention de buts. Or, aujourd'hui, cette liberté est menacée, et nous ne sommes pas capables individuellement de défendre notre essence, la valeur et la survie de l'humanité, comme le souligne Jonas. Ne suivons pas plus loin le philosophe allemand car il propose de garantir «indépendamment et éventuellement contre la volonté des hommes, la valeur et la survie de l'homme. Cette garantie doit être absolue, non dépendante du désir individuel ou collectif ; elle doit être théologique ou du moins ontologique ou métaphysique 7 ». Cette proposition est clairement contradictoire et autoritaire - supprimer la liberté pour la préserver. Elle confie le pouvoir à une oligarchie : à « une élite qui monopolise le vrai savoir et la sagesse et qui est donc, seule, habilitée à imposer les lois et les règles à la masse ignorante, irréfléchie 8 ». C'est probablement cette solution qui se mettra en place lorsque l'Onu adoptera un texte contraignant de portée internationale (la situation est actuellement bloquée entre autres parce que les États-Unis lient l'interdiction du clonage reproductif à celle du clonage thérapeutique) 9. Mais cela ne réglerait cependant pas le problème pour tous les pays non alignés.

Je l'ai dit, le clonage reproductif menace notre dignité, notre liberté. Les libertaires, comme les démocrates sincères, désireront qu'on arrête le travail des dangereux généticiens que sont les raéliens, Antinori, Zavos et tous ceux qui suivent leurs traces. Si, comme c'est prévisible, l'Onu se positionne contre le clonage reproductif, les libertaires le rejoindront sur les objectifs mais non pas sur les moyens.

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